Le ministre Barrette rappelle à l'ordre les groupes de médecine familiale

Dans la vision de Gaétan Barrette, le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, le problème d'accès aux médecins de famille serait résolu si lesdits médecins offraient « du temps de disponibilité adéquat » et s'ils tiraient avantage des « éléments » que le gouvernement met à leur disposition pour « produire ». Par exemple, les éléments en question sont ceux que Québec finance par l'entremise des groupes de médecine familiale (GMF) : les services d'infirmières, des services informatiques, des ressources matérielles. Sa vision, Gaétan Barrette l'a exposée avec vigueur, vendredi, lorsque les journalistes lui ont demandé ses impressions à la suite de la diffusion d'un reportage sur les ondes de Radio-Canada. Un reportage qui décrivait la réalité du quart des 259 GMF de la province qui disent être incapables de respecter les cibles que leur fixe Québec en termes de quotas de patients et d'heures d'ouverture. Tel est le cas du GMF de Varennes, par exemple, auquel le ministère de la Santé a imputé une coupe de 60 000 $ pour l'année à venir : en réponse à cette mesure de rétorsion, le GMF de Varennes va redevenir une simple clinique dans six mois. Avec pour conséquence qu'une partie de ses 6500 patients vont perdre leur médecin de famille. Fait à noter, une partie des médecins de ce GMF travaillent à temps partiel. Cette situation scandalise Gaétan Barrette. « J'ai été, hier, en écoutant le reportage, personnellement scandalisé que des médecins aillent à la caméra et menacent la population de couper des services si, en n'honorant pas leur partie du contrat, on ne continuait pas nous à honorer notre part. Comprenons-nous bien : on a des médecins qui disent : "Moi, je ne l'honorerai pas le contrat. Je ne donnerai pas les services qu'on me demande mais payez-moi quand même". » « Attention : l'argent qu'on envoie dans un GMF, c'est pour des infirmières, de l'informatique, des ressources matérielles; bref, les éléments qui font que le médecin puisse produire. Ces éléments, s'ils sont conjugués avec du temps de disponibilité adéquat, il n'y en a pas de problème d'accès. » — Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette La députée péquiste Diane Lamarre, porte-parole de l'opposition officielle en matière de santé pour le Parti québécois, abonde dans le sens du ministre Barrette. Elle estime que les GMF doivent remplir leurs obligations. « Ça fait longtemps qu'on le dit : on signe une entente et il faut dans la mesure du possible la respecter », déclare Mme Lamarre. Trois ans pour sévir Au cours des derniers mois, Québec a pénalisé financièrement 24 GMF, et 9 pourraient perdre leur accréditation. Le ministre Barrette estime que ces sanctions sont justifiées, dans la mesure où ces GMF ont disposé de trois ans pour rectifier le tir et se plier aux demandes du ministère. En effet, en vertu du contrat qui les lie, les GMF sont évalués annuellement. À la première incartade, explique Gaétan Barrette en substance, on les avertit qu'ils sont dans la mauvaise voie. Si aucune amélioration ne s'est produite l'année suivante, on leur rappelle qu'ils ne se sont pas améliorés. La troisième année on agit. « Je pense qu'il est temps d'agir », conclut le ministre de la Santé. Quelque 2000 médecins de famille s'étaient réunis à Montréal en décembre dernier Quelque 2000 médecins de famille s'étaient réunis à Montréal en décembre dernier La médecine à temps partiel Le ministre Barrette se scandalise particulièrement du fait que des médecins choisissent de travailler à temps partiel : « On ne peut pas arriver et prendre la population en otage en disant : moi, je me choisis. J'ai beau avoir un contrat, payez-moi quand même sinon j'arrête de donner les services », dénonce-t-il. Les problèmes d'accessibilité aux médecins de famille et celui de l'attente dans le réseau de la santé de la province se résorberaient si seulement les médecins « adaptaient leur pratique à la façon moderne, affirme Gaétan Barrette. Moderne, ça veut dire changer la façon de donner les rendez-vous et être disponibles à temps plein. Notre système n'est pas adapté aux besoins d'aujourd'hui ». Le ministre affirme en outre qu'il aurait aimé que les médecins s'adaptent « volontairement, par responsabilité sociale ». Comme « le réseau ne s'organise pas spontanément pour donner les services », poursuit Gaétan Barrette, alors il a fallu que Québec instaure le projet de loi 20 qui vise notamment à favoriser l'accès aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée. Ce qu'on demande aux médecins est-il raisonnable? Selon Gaétan Barrette, les cibles fixées aux GMF, soit les quotas de patients et les heures de services, sont « extraordinairement raisonnables » et elles correspondent aux cibles en vigueur ailleurs au Canada. « Nos cibles sont inférieures à celles de l'Ontario et de l'Atlantique. C'est quoi, on est des Martiens au Québec? Ce sont des cibles raisonnables : on demande aux médecins de s'adapter aux besoins de la population. » — Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette À l'heure actuelle, le Québec compte près de 260 GMF, qui regroupent autour de 4000 médecins, 600 infirmières et de nombreux professionnels. Dans le dernier rapport annuel de gestion du ministère de la Santé, le ministre Gaétan Barrette maintenait à 300 la cible du nombre de GMF « d'ici 2015 ». 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La famille de Jules Bianchi affirme que "son état de santé reste inchangé"

Transféré du Japon, où il avait eu son terrible accident de Formule 1 en octobre dernier, vers l'hôpital de Nice il y a un mois, le jeune pilote français est toujours inconscient. Mais contrairement à ce qu'a affirmé Philippe Streiff lors d'une interview au sujet de Michael Schumacher, l'état de santé de Jules Bianchi "reste inchangé" comme l'explique un communiqué publié par sa famille Ni dégradation ni progrès. Dans un communiqué publié mardi par la famille de Jules Bianchi, ses proches ont tenu à donner des nouvelles officielles du jeune pilote français (25 ans) gravement accidenté lors du GP du Japon le 5 octobre dernier. "L'état neurologique de Jules reste inchangé. Il est inconscient, mais est capable de respirer sans assistance, expliquent-ils. Il n'y a donc aucune information significative à rapporter". Une façon de mettre les choses au clair après la sortie médiatique controversée de Philippe Streiff dans Le Parisien dimanche. Au cours d'une interview durant laquelle l'ancien pilote de F1 devenu paraplégique s'est présenté comme étant un proche de Michael Schumacher, Streiff a donné des nouvelles rassurantes concernant le septuple champion du monde hospitalisé depuis une grave chute en ski et d'autres beaucoup plus inquiétantes au sujet de Bianchi. Streiff remis à sa place par les clans Schumacher et Bianchi Des informations depuis démenties par le clan Schumacher et donc désormais aussi par celui du jeune pilote français. "Jules continue à se battre et nous savions qu'il le ferait, expliquent encore le communiqué. Cela permet aux docteurs du CHU de Nice qui s'occupent de lui de pouvoir mettre en place un programme de rééducation qui s'annonce tout de même très laborieux". Victime d'une lésion axonale diffuse, l'intéressé souffre en effet d'un des pires traumatismes crâniens, comme l'expliquait à metronews le docteur Yves Rébufat, du service d'anesthésie-réanimation du CHU de Nantes, spécialisé en neuro-réanimation. L'état de santé de Jules Bianchi reste donc "critique", et face à cette "épreuve", sa famille profite de son dernier communiqué pour une nouvelle fois "remercier" ceux qui ont montré "une grande affection à l'égard de notre fils".